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RETOUR SUR LE 4 JUILLET 2007 A NICE

Giuseppe GaribaldiN’en déplaise aux éternels pisse-vinaigre (toujours aussi courageusement anonymes d’ailleurs et décidément réfractaires à l’orthographe et à la grammaire !) qui ont inondé le web d’inepties où vulgarité et méchanceté gratuites se disputent la place d’honneur, les cérémonies du 4 juillet furent, dans l’ensemble, à la hauteur de l’événement et à la taille du personnage que Nice honorait ce jour-là. Oublié, le piteux cent-cinquantième anniversaire célébré presque clandestinement en 1957 dans un Comté de Nice encore meurtri par les agissements d’Ezio Garibaldi, petit-fils du héros et fondateur des Groupes d’Action Niçoise sous le régime fasciste, nervis de sinistre mémoire qui écumèrent la ville entre 1941 et 1943. Balayé, l’"oubli" très politique de 1982 (centenaire de la mort du Héros) quand le maire d’alors, Jacques Médecin voyait dans l’ultime biographe français de Garibaldi, l’alors socialiste Max Gallo, un dangereux rival ! Bref, à quelques rares et très politiques exceptions près, Garibaldi a (enfin, serais-je tenté de dire) fait l’unanimité...
Sans tomber néanmoins dans un angélisme béat -il y eut certes quelques "couac", certains excusables et d’autres pas-, on peut considérer, rejoignant en cela l’opinion de tous les observateurs extérieurs à Nice et des associations garibaldiennes françaises et italiennes présents, que la fête fut un succès populaire puisque ce sont entre 2 et 3000 personnes qui ont participé aux cérémonies procolaires de la matinée (la rue Cassini noire de monde sur toute sa longueur est un spectacle qui vaut le détour !) et au moins autant aux festivités de l’après-midi et de la soirée (à Acropolis, la salle Apollon, forte de 2500 places assises, affichait quasiment complet pour le concert de l’orchestre des Alpes de la Mer tandis que parallèlement, le village franco-italien du jardin Albert 1er accueillait autant de visiteurs). On aurait pu faire mieux, bien sûr ! On peut toujours faire mieux... mais, le 4 juillet 2007, Nice a connu la plus grande manifestation garibaldienne depuis un siècle (seules l’inauguration de son monument, le 4 octobre 1891, et le premier centenaire de Garibaldi, le 4 juillet 1907, ont connu une affluence comparable ou supérieure).

Il n’entre pas dans nos préoccupations de rendre compte par le menu, quatre semaines après, vacances obligent, de cette journée. La presse écrite nationale et locale, les radios et les télévisions tant françaises qu’italiennes, et divers sites internet s’en sont largement fait l’écho. Mais il était difficile de ne pas publier sur ce site quelques unes des remarquables photographies d’André Polkowski, Zulaan de son nom d’artiste, l’organisateur du Festival International de l’Image et de la Photographie Numériques qui s’est tenu au mois de juin au Parc Phoenix. Nous profitons également de cet article pour répondre aux quelques questions que peuvent se poser légitimement les rares personnes qui ont eu accès à la prose lénifiante de nos détracteurs...

Nos réponses à quelques questions...

  • Pourquoi le défilé était-il conduit par la Musique de la Légion Étrangère ?
    Cette décision ne relève pas du Comité du Bicentenaire, mais elle n’a rien de surprenant, bien au contraire : rappelons simplement que Garibaldi combattit dans les rangs de l’armée française en 1870-71 alors qu’il était étranger (cela lui fut suffisamment reproché !) et aussi que ses petits-enfants s’engagèrent dans le 5e Régiment de Marche de la Légion Étrangère en 1914, où ils combattirent en Argonne sous l’uniforme français, deux d’entre-eux, Bruno et Costante, y laissant la vie.

    Bicenteenaire Garibaldi - Défilé de la Légion Étrangère

  • Pourquoi l’hymne Nissa-la-Bella ne fut-il pas interprété pendant la cérémonie protocolaire ?
    La réponse est désarmante de simplicité : la Légion a son propre répertoire et l’œuvre de Menica Rondelly n’y figure pas. Les musiciens avaient pensé à lui adjoindre l’Hymne de Garibaldi mais pas Nissa la Bella dont ils ignoraient peut-être même l’existence... On peut certes le déplorer mais il semble difficile d’en tenir rigueur à qui que ce soit. Cependant Nissa la Bella a été chanté ou joué à plusieurs reprises dans la journée, notamment pendant le concert à Acropolis.

    Chemise Rouges pendant le défilé du Bicentenaire de Garibaldi

  • Pourquoi l’aigle niçoise ne flottait-elle pas au Monument aux Morts ?
    Les drapeaux présents dans le cortège et au Monument aux Morts l’étaient par initiative privée. Mais l’aigle de Nice était bien présente (au fait, gentils donneurs de leçons et autres ayatollah, aigle est féminin lorsque le mot désigne une pièce d’héraldique et masculin seulement lorsqu’il désigne l’animal) partout, ne serait-ce que dans la décoration officielle. Aux drapeaux, certains groupes ou associations ont préféré des banderolles en langue niçoise, bien déployées sur le parvis.

    Discours officiel
    Jacques Peyrat pendant le discours officiel. A l’arrière plan, on reconnaît Patrick Allemand, 1er vice-président (PS) du Conseil Régional PACA, Éric Ciotti, député (UMP) des AM, Juliana Delpy-Chichmanian, premier adjoint au maire de Nice, Angelo Comiti, maire de La Maddalena-Caprera, Gianluca Cortese, Consul Général d’Italie à Nice et Jean-Pierre Mangiapan, président du Comité du Bicentenaire.

  • A quoi sert l’argent récolté par le Comité auprès de ses partenaires et de ses sponsors ?
    Le Comité du Bicentenaire tire ses ressources des cotisations de ses membres, des subventions allouées par l’ensemble des collectivités publiques (Mairie, Conseil Général, Région PACA) et des opérations de partenariat avec quelques sociétés privées. Certains traitent avec dédain cet argent alloué par nos partenaires, qualifié de "manne" (s’ils avaient lu la Bible, ils n’utiliseraient pas à si mauvais escient ce terme qui désigne, comme chacun [sauf eux !] le sait, la nourriture envoyée par Dieu pour secourir son peuple qui mourrait de faim au retour de l’exil égyptien).
    Et comme nous ne pillons ni les églises du haut pays ni les banques de la côte, cette dotation parfaitement légale est absolument nécessaire (et malheureusement pas suffisante !) pour financer toutes les manifestations organisées ou envisagées par le Comité. Rappelons au passage qu’elles bénéficient toutes de la gratuité d’accès. Comment le Comité aurait-il pu payer les 3000 portions de stockfish offertes aux Niçois (parmi lesquels figuraient en bonne place nombre de ceux qui crachent dans la soupe, c’est le cas de le dire, aujourd’hui...) en 2006 ? Et la Soirée Rouge, ouverte à tout venant, au Palais de la Méditerranée, offerte à près de 1000 personnes par nos partenaires italiens, le 31 mai dernier ? Et le concert du 4 juillet, là encore offert par de nombreux partenaires ? Comment pourrions-nous payer la location des salles accueillant les nombreuses conférences gratuites organisées depuis 2005 ? Et l’exposition itinérante qui a fait (et va faire) connaître gratuitement Garibaldi dans les plus grandes villes de France ? Et le film franco-italo-argentin réalisé par Ricardo Preve et coproduit par le Comité du Bicentenaire ? Et... et... mais arrêtons-là, la liste serait bien trop longue ! Aucune opération commerciale (bien que ce terme n’ait rien de péjoratif) n’a été organisée directement ou indirectement par notre Comité. Tout au plus avons-nous soutenu moralement, donc sans aucune contrepartie financière, quelques initiatives : oeillet, pain, ravioli, chanson "Garibaldi", publication à Nice, à Rome et ailleurs, de divers ouvrages consacrés à Garibaldi.
    Tous les partenaires qui se sont engagés à nos côtés l’ont fait sans contrepartie autre que celle admise par les règles du mécenat d’entreprise. Ceci dit, j’espère que le James Bond au petit pied (et courageusement anonyme, ça va de soi) qui, après moult investigations, a pu mettre la main (a en croire son site internet, on pourrait presque penser que c’est au péril de sa vie !) sur la "bombe" (en réalité, pas même un pétard mouillé) que constitue le dossier de sponsoring publié par le Comité pour rechercher des partenaires, j’espère donc que ce grand reporter (je préfère l’écrire à l’anglaise, ça m’évitera la tentation de faire une coquille typographique volontaire) n’a pas trop perdu de temps et d’argent pour mener à bien sa dangereuse enquête. Parce qu’il lui aurait suffi de nous le demander pour en avoir immédiatement un (voire plusieurs) exemplaire(s)... distribués à nombre de commerçants et d’entreprises de Nice et d’ailleurs !

    Concert à Acropolis
    L’orchestre des Alpes de la Mer et les Choeurs du Paillon pendant le concert à Acropolis

  • Pourquoi, dans ce cas, avoir déposé plusieurs marques commerciales à l’INPI ?
    Précisément pour éviter l’exploitation commerciale cynique du bicentenaire et une utilisation encore plus cynique du nom de Garibaldi. On connaît déjà le vin Garibaldi, les cigares Garibaldi, les lames de rasoir Garibaldi, la liqueur Garibaldi, la bière Garibaldi, les pâtes Garibaldi, le café Garibaldi, les biscuits Garibaldi, j’en passe et des meilleures... (je n’ai jamais lu aucune protestation à leur sujet d’ailleurs... J’ai même vu une photo vantant le vin Garibaldi dans l’une des publications de ceux qui essaient de nous faire passer pour des voyous. Qu’aurait-on lu si le Comité avait été à l’origine de ces produits !). En ce qui concerne le bicentenaire, nous avons préféré, autant que faire se pouvait, tenter de limiter les dégats et empêcher ainsi toute utilisation abusive.
    Cela a plutôt bien fonctionné et nous sommes fiers d’avoir permis d’éviter, en Europe en tous cas, qu’une lessive ne lave les chemises plus rouge ou qu’un insecticide ne détruise blattes et cafards au cri de Viva Garibaldi. Mais dans le fond, qui est gêné par cette protection ? Le Niçois qui veut appeler sa maison Garibaldi ? L’association qui souhaite fêter le bicentenaire ? L’historien qui publie un livre ? L’artiste qui réalise un portrait du grand homme ? Que nenni ! Ce sont uniquement ceux qui avaient des velleïtés commerciales sur le nom du Héros... Car ce que nos détracteurs ne disent pas, c’est que la protection ne s’applique qu’à certains produits commerciaux, donc fabriqués et vendus dans le but d’en tirer profit. Voilà ce qui doit les gêner profondément.
    D’ailleurs, il suffirait d’un peu de discernement pour faire la part des choses. Notre Comité a proposé trois produits à la vente, habituels dans ce genre de célébrations : une médaille, un tee shirt et un CD audio. Prix de revient de la médaille : 34 euro. Prix de souscription : 36 euro, prix de vente après parution : 50 euro ! Prix de revient du tee-shirt : 8 euro ; prix de vente : 10 euro ! Prix de revient du CD audio : 4 euro ; prix de vente : 5 euro. Sont-ce là des marges commerciales ? ... Parmi ceux qui nous accusent de vouloir "faire du fric" sur le dos de Garibaldi figure une association à but non lucratif qui... commercialise (preuve si besoin en était que le Comité ne s’est pas accaparé Garibaldi), tenez-vous bien, une petite image de Garibaldi et une enveloppe illustrée, pour la "modique" somme de 6 euro. Allez, si elle les a payées plus de 30 centimes pièce, ses vignettes, l’assoc, elle s’est drôlement faite avoir, j’en parle en connaissance de cause. Alors, 6 divisé par 0,3, ça devrait faire 20, me semble-t-il. A priori, 20 fois la bascule ! Il a dû faire HEC, Harvard et Oxford en même temps, le non-lucratif... Et ça se permet de donner des leçons de morale.

    Au Monument aux Morts
    De gauche à droite : Angelo Vaccarezza, maire de Loano (Italie), Jean-Pierre Mangiapan, Anne Garibaldi-Jallet, arrière-arrière petite fille du Héros, Jean Icart, Conseiller Général (SE) des AM, Stefano Garibaldi, arrière-arrière petit-fils du Héros.

  • Quid des sites Internet ?
    Les noms de domaine ont été déposés avant la création du Comité par une société privée, à l’époque où presque personne ne pensait encore au bicentenaire de Garibaldi. Comme toujours en matière d’Internet, il faut ratisser large afin de faciliter le référencement d’un site sur les annuaires et moteurs de recherche. La société a donc réservé (en payant !) tout ce qui, de près ou de loin, évoquait, en France et dans le monde, le bicentenaire de Garibaldi. Le but n’était pas d’ouvrir 72 sites sur le bicentenaire ( !!!), mais de faire pointer 72 DNS sur le même site. Après la création du Comité, la société en question, spécialisée dans la gestion de sites Internet, a remis l’exploitation de ces noms de domaine au Comité.

    Au Monument aux Morts

  • Le Comité emploie-t-il des salariés ?
    Oui, trois, à temps très partiel. Comme un grand nombre d’associations. Mais tous les dirigeants sans exception sont bénévoles.
  • Le Comité a-t-il acquis du matériel dont l’usage pourrait sembler disproportionné ?
    Bien évidemment non. Non seulement le Comité ne dispose d’aucun matériel "à usage disproportionné" mais il ne possède rien du tout, la bonne volonté de ses membres mise à part ...

    Le défilé

  • Que signifie l’adjectif "autoproclamé" dont on affuble quelquefois le Comité ?
    Rien, bien sûr. Il s’agit là encore d’un effet purement dialectique (mais utilisé à contresens), comme l’usage du terme "manne"... Toute association, tout groupement est fatalement "autoproclamé" puisqu’il naît de la seule volonté de ses membres ! Et on ne peut nous accuser à la fois d’être une émanation d’un pouvoir en place et d’être autoproclamé. Faut choisir ! Voilà la plus belle preuve de notre totale indépendance... Rappelons quand même que certains hommes politiques se sont fait une spécialité de ces effets "de manche", dont la finesse n’a d’égale que le contenu démagogique. Mais ceci est un simple "détail".

    Dominic Lescure à Acropolis
    Dominic Lescure interprète "Garibaldi" à Acropolis

  • Quelles sont les obédiences politiques du Comité ?
    Aucune, même si le Président et un ou deux dirigeants sont impliqués dans la vie publique, dans des partis opposés d’ailleurs. Des gens de toutes tendances se retrouvent en outre dans le Conseil d’Administration. Faire un procès au Comité sur ce sujet relève de la pure calomnie.

    Gerbe du Maire

  • Et pour conclure ?
    Simplement une petite citation. Mais avant, la simple affirmation que nous sommes fiers d’avoir accompli, bénévolement, ce travail de mémoire. Très fiers même. Et avec Georges Courteline, je rappellerai simplement que "passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet".

    Garibaldi



 
 

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